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L’hypnose et le sport

En 2022, Li, Z. et Li, S. X., chercheurs à l’université de Pékin, effectuent une revue des études sur l’utilisation de l’hypnose dans le sport en Chine, mais également dans le monde afin d’explorer comment et dans quelles conditions l’hypnose peut être appliqué dans le sport pour améliorer la performance, réduire l’anxiété et la fatigue, renforcer la confiance et favoriser la capacité physique et mentale.

Les auteurs de cet essai retiennent cinq principaux constats de la revue de littérature consultée sur les effets de l’hypnose dans le sport :

  • Une amélioration du potentiel psychologique dont la confiance, l’attention et la motivation;
  • Une réduction du stress et de l’anxiété de performance;
  • Une meilleure gestion de la peur et des blocages psychologiques;
  • Un meilleur apprentissage moteur et technique des sportifs;
  • Une meilleure récupération etamélioration du sommeil.

Les auteurs relèvent trois limites aux études qu’ils ont consultées, soit des échantillonnages réduits et l’absence de groupe contrôle, le peu d’études menées en situation réelle de compétition et des mécanismes neuropsychologiques encore mal compris.

En conclusion, ils affirment que l’hypnose est un outil intéressant dans la préparation mentale des sportifs. Elle améliore la performance, la régulation émotionnelle et la récupération, mais les preuves scientifiques nécessitent des validations plus rigoureuses.

hypnose et sport

Bien que moins récent, j’ai trouvé important de lire un second article sur le sujet. En 2013, Barker, Jones, et Greenlees ont exploré comment l’hypnose peut renforcer le sentiment d’auto-efficacité, c’est-à-dire la confiance d’un athlète en sa capacité à réussir.

En s’appuyant sur les théories de la néo-dissociation et du non-état, les auteurs expliquent que l’hypnose, par la suggestion, la visualisation et la gestion des émotions, pourrait agir sur les quatre sources d’auto-efficacité identifiées par Bandura soit les réussites antérieures, les expériences par procuration, par la persuasion verbale et les états émotionnels.

Les études recensées par les auteurs, notamment chez des joueurs de soccer, montrent que quelques séances d’hypnose peuvent augmenter la confiance et améliorer la performance, avec des effets maintenus plusieurs semaines.

Cependant, les recherches recensées restent limitées par leurs petits échantillons ainsi que le manque de protocoles standardisés.  Il demeure donc difficile d’isoler ce qui relève réellement de l’hypnose.

Les auteurs concluent que l’hypnose représente un outil prometteur pour renforcer le sentiment d’auto-efficacité chez les sportifs, mais recommandent davantage d’études rigoureuses et de formation des praticiens pour en assurer l’efficacité et l’éthique.

Bien que la revue de littérature soit plus récente dans le premier article que le second, elle s’appuie sur un nombre de documents consultés nettement moins important.

Dans le premier article analysé, un passage intitulé « Hypnosis is a sort of scientific psychotherapy » soulève une réserve importante. En effet, selon l’entente entre l’École de formation professionnelle de l’hypnose du Québec (EFPHQ) et l’Ordre des psychologues du Québec, les hypnothérapeutes ne peuvent poser d’actes réservés aux psychologues, sauf s’ils détiennent eux-mêmes ce titre ou celui de psychothérapeute.

Il est donc essentiel de demeurer attentif au vocabulaire employé afin d’éviter toute confusion entre hypnothérapie et psychothérapie. Par exemple, l’utilisation du mot « treatments », associé à la médecine ou à la psychothérapie, pourrait être remplacée par l’expression « plan d’accompagnement », plus conforme à la pratique de l’hypnothérapie.

Cela dit, puisque l’article est publié dans une revue de psychologie, cette terminologie demeure compréhensible dans son contexte.  Il est important de souligner que l’hypnose est plutôt reconnue comme un outil et non une forme de thérapie. Toutefois, c’est un outil qui peut être utilisé notamment dans le cadre d’une psychothérapie.

Par ailleurs, le second article m’a semblé plus complet dans son explication du fonctionnement hypnotique, notamment grâce à la présentation claire des théories étatiques et non étatiques et de leur intégration dans le cadre de la recherche.

En tant que personne visuelle, j’ai particulièrement apprécié la figure 1, qui illustre bien les concepts abordés dans l’article, ainsi que le tableau 1 intitulé « Lignes directrices », qui offrent des repères concrets et pertinents pour la pratique professionnelle (voir ci-dessous).

Les auteurs offrent également des suggestions pour les patriciens. En voici les points forts

  • L’hypnose, en individuel ou en groupe, montre un potentiel pour renforcer l’ego des athlètes.
  • Les praticiens peuvent l’utiliser selon le type d’accompagnement (athlète seul ou petite équipe avec un même défi).
  • Les psychologues du sport peuvent rencontrer des préjugés ou opinions négatives concernant l’hypnose.
  • Il est utile de prévoir une formation ou sensibilisation pour réduire ces obstacles.
  • Le terme « hypnose » peut susciter autant de curiosité que de résistance chez les athlètes; il peut être employé avec prudence selon le contexte.
  • Avant toute intervention, il est essentiel de vérifier les antécédents médicaux des athlètes : santé mentale, médication, usage de drogues.

Source: Baker, Jones & Greenlees, 2013, p. 242 (traduction libre)

hypnotic suggestion - hypnose et sport

Source: Baker, Jones & Greenlees, 2013, p. 234

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Références :

Li, Z., & Li, S. X. (2022). The application of hypnosis in sports. Frontiers in Psychology12, 771 https://doi.org/10.3389/fpsyg.2021.771162

Barker, J. B., Jones, M. V., & Greenlees, I. (2013). Using hypnosis to enhance self-efficacy in sport performers. Journal of Clinical Sport Psychology7(3), 228-247.162. https://doi.org/10.1123/jcsp.7.3.228

Mélissa Gévry, travailleuse sociale et technicienne en hypnothérapie

melissa gevry hypnotherapeute efphq